© 2018 - Cabinet Arts Anciens

L’Hôtel Pourtalès-Castellane

 

La splendide propriété qui accueille aujourd’hui les expositions de peinture  organisée par le Cabinet Arts Anciens est un haut lieu de la vie sociale neuchâteloise de la fin de l’ancien régime. Elle a été construite en 1814 par Frédéric de Pourtalès, fils cadet de Jacques-Louis, négociant et créateur en 1811 de l’hôpital du même nom.

 

On en doit probablement les plans à Anton Fröhlicher, un architecte soleurois, alors très en vogue à Paris et qu’on l’appellera, vingt ans plus tard à Neuchâtel pour réaliser le Collège latin.

 

Après avoir servi en Prusse, Frédéric de Pourtalès  devient écuyer de l'Impératrice Joséphine puis, en 1806, il accède au rang d’aide de camp du Maréchal Berthier au moment celui-ci reçoit de l’Empereur le titre de Prince de Neuchâtel. Il est ensuite créé Comte d'Empire par Napoléon 1er en 1811. Sa carrière militaire achevée, il rentre à Neuchâtel où il fait construire, au Faubourg de l’hôpital 21, la très belle demeure où il s’installe pour  la seconde partie de sa vie. Il affiche fièrement sur son fronton les armes des Pourtalès et des Castellane (la famille de la noblesse provençale - encore subsistante - de son épouse), la date en chiffres romains et la couronne comtale du propriétaire.

 

A l’ouest de cet hôtel particulier, Frédéric de Pourtalès fait ériger un petit théâtre privé, aujourd’hui détruit et partiellement remplacé par le théâtre du Passage. Chaque semaine, alternant danse et spectacles, les Pourtalès Castellane y réunissent leurs divers cercles d’amis neuchâtelois. Outre ces fêtes régulières et réputées, la maison connaît d’autres heures de gloire, en particulier lors de la visite à Neuchâtel du Roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV et son épouse la reine Elisabeth-Louise en 1842. Devenus Conseillers d'Etat, Frédéric et son frère aîné, le diplomate Louis de Pourtalès, convient les souverains à une somptueuse réception, pour laquelle ils font édifier à l'arrière de la maison une salle à manger provisoire pour leurs trois-cents-trente  invités. Pour la circonstance, la façade sud de la maison est couronnée de multiples oriflammes comme le rappellent quelques lithographies de l’époque.

 

La partie nord de la propriété sera partiellement lotie en 1880, tandis que la demeure principale deviendra pour près d’un siècle le siège d’un banque privée neuchâteloise ayant pignon sur rue à Paris : la banque Courvoisier. Elle cède en 1983 l’entier de son capital à la Banque de dépôt et de gestion (BDG) dont le siège est à Lausanne, puis, dernière institution bancaire à occuper les lieux, la banque Valiant s’installe sur les lieux à la fin de la première décennie du XXIe siècle, mais elle migre ensuite au cœur de la ville, laissant vacante cette prestigieuse demeure chargée d’histoire que le  Cabinet Arts Anciens vous invite à découvrir à l’occasion de ses expositions-vente de l’année 2019.